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Champeix vient de « Campellis » qui signifie « petits champs ».
Ce chef-lieu de canton, principale possession des dauphins d’Auvergne, à été depuis longtemps une bourgade de paysans, notamment de vignerons, avec leurs vignes situées sur des terrasses. Champeix à été et est encore un point de rencontres et d’échanges, point de passage obligé pour les touristes parcourant l’axe nord-sud, ralliant le Sancy, grand site touristique.
Champeix se situe en surplomb et au creux d’un méandre de la Couze Chambon, entre collines et plateaux, et s’est bâti le long du promontoire rocheux sur lequel vous pourrez admirer la structure de l’ancien château avec sa petite chapelle romane du XIIème siècle à nef unique : la chapelle Saint-Jean, dédiée à Saint-Jean Baptiste, culte qui connut un renouveau à cette époque.
Ancienne chapelle castrale, aujourd’hui entièrement restaurée, elle faisait également fonction d’église paroissiale à la veille de la Révolution. Initialement, la chapelle était surmontée d’un clocher à peigne, abattu au XVIIIème siècle, et remplacé par l’actuelle tour de l’horloge.
A L’intérieur, les fragments de fresques du XII, XV et XVIIème siècle (découverts, à l’occasion de la restauration de la chapelle, sous le crépis), restaurées en 1993, évoquent des épisodes bibliques, dont le banquet offert par Hérode aux notables de Galilée, et la danse de Salomé, fille d’Hérodiade, qui demanda la tête de Jean-Baptiste : ce qui fit de ce dernier le premier martyr.
En prolongement à l’ouest de cette chapelle, se trouve le quartier du Marchidial. Marchidial signifie, qui signifie à la fois le grenier et le palais du marquis : Marchi-di-halle — hala mot d’origine francique désignant une chaumière couverte dans laquelle on emmagasinait les provisions. Faut-il y voir les premières fondations de Champeix? Ce qui est sûr, c’est qu’après les cent ans de paix de l’époque romaine, le brigandage et les guerres carolingiennes font apparaître des fortifications dans de nombreuses villes arvernes…
Deux fossés taillés dans la roche isolant l’éperon granitique permettent de penser que l’essentiel de ces aménagements, d’une grande ampleur, remonte à une époque où la défense reposait non sur la construction de remparts et de tours de maçonnerie mais sur des travaux de terrassement. Cette fortification pourrait donc appartenir au Castrum du VIIIème siècle, forteresse très souvent associée à un lieu de culte.
C’est au XIIème siècle que la féodalité atteint sa plus grande puissance. Les fortifications sont alors très importantes, la tour ronde, les remparts abritent greniers et habitations. Le château appartient au Dauphiné d’Auvergne (Vodable en est la capitale) formé alors d’un ensemble de propriétés très éparses. La cour du dauphin est une des plus belles de l’époque.
L’Auvergne est partagée entre une féodalité laïque (comptes et dauphins) et l’Eglise. En 1296, dans son testament, le dauphin Robert III oppose la chapelle du château et l’église paroissiale.
Après la prospérité, les ravages : la peste de 1348; le pays subit en 1356 les incursions des gens de guerre et des routiers; il s’ensuit plus de 40 ans de misère. Champeix, comme beaucoup de villes et villages, s’entoure de murailles, s’arme et fait bonne garde.
Le château se pare d’un grand donjon carré et de remparts comme l’atteste le dessin de Guillaume Revel (1456). Le château, à cette époque, n’est plus habité par le seigneur mais par un capitaine. La charte passée en 1423 par Beraud III (dernier dauphin) établit la hiérarchie entre le capitaine du château et les consuls de la ville dont ils ont les clefs. A charge pour les habitants d’entretenir le château et l’enceinte collective de la ville. Les habitants se doivent de faire le guet et la garde de nuit.
La fin du XVème siècle et le début du XVIème siècle sont des périodes de prospérité. Champeix développe ses foires et ses marchés. Charles de Bourbon vend Champeix à Thomas Bohier, issu de la nouvelle noblesse de la Renaissance. Malheureusement, dès 1540, commencent les guerres de religion. Le capitaine huguenot Merle aussi brave que féroce s’empare d’Issoire (1575); Champeix est dévasté puis abandonné.
Au XVII et XVIIIème siècle, on entre dans une période calme, le château fort n’a plus son usage. La chapelle Saint-Jean devient église paroissiale.Le clocher à peigne, démoli au XVIIIème siècle, est remplacé vers 1745 par la tour ronde de l’horloge.
Petit à petit, l’éperon se transforme par l’aménagement de terrasses, de cultures limitées par des murs; vergers et vignes ont effacé les traces de la forteresse.
Les champillauds ont appris à maitriser la diversité des sols et des reliefs en développant un ingénieux système polycultural, sur de très nombreuses petites parcelles ( importante fragmentation parcellaire ainsi qu’en témoignent les relevés des cadastres anciens) au cœur duquel la vigne a longtemps occupée une place prépondérante.
Cultivée en terrasse sur les flancs des collines, « les pailhats », exposée au sud, gagnant parfois les plateaux, la vigne occupait en 1829, 27% de la superficie communale. Au XXème siècle, cette prépondérance de la vigne cède la place à la culture fruitière, et plus particulièrement à la pommiculture. Les prés-vergers des bords de Couze, inondables, étaient irrigués par des canaux de dérivation dénommés « béal ».L’économie agricole locale reposait aussi sur les cultures céréalières et l’élevage ovin.
Champeix s’attache depuis plus de 10ans à réhabiliter ce patrimoine des terrasses ou pailhats, dont les murets de pierres sèches retenant la terre sont peu à peu dégagés de la friche puis consolidés. Au nord du bourg, en direction de Clermont-Ferrand, ces pailhats forment un amphithéâtre, sillonné de sentiers et d’escaliers, qui est aujourd’hui défriché et entretenu, et s’apprête à recevoir de nouveaux plants de vignes. La sauvegarde du site du Marchidial passe également par une reconversion des ruines en jardin scénique et thématiques.
Lors de votre promenade, vous pourrez aussi découvrir un riche patrimoine de petites constructions qui s’éparpillent sur toutes la communes : cabanes à outil nichées au fond des jardins, tonnes de vignes agrippées aux gradins des terrasses, pigeonniers accolés aux maisons vigneronnes ou isolés au milieu des cultures. L’élevage des pigeons apportait en effet un complément alimentaire bienvenu, tandis que la « colombine » fertilisait jardins et terrasses. Les pigeonniers peuvent adopter à Champeix 2 types de plan : un plan carré avec toiture de tuiles romanes à une pente, ou un plan circulaire avec une toiture conique en lauzes.
Les jardins ouvriers puis familiaux font leur apparition à la fin du XIXème siècle, se développe durant la première moitié du XXème siècle avant de régresser peu à peu, victimes de la pression foncière. Pourtant, quelques propriétaires ont continué de cultiver avec passion ces petites parcelles de terres. Grâce à eux, s’est maintenu et se développe aujourd’hui dans le bourg et à sa lisière, un réseau de jardins qui constitue un indéniable patrimoine paysager. En bordure de Couze, les jardins sont desservis par des passerelles privées, et chacun conserve une tonne pour sa vigne.
Derrière l’église, se cachent le jardin et le verger crées au XIXème siècle par les Sœurs de la congrégation de Saint-Joseph. Le jardin enclos, aux murs autrefois palissés, renferme un vaste bassin circulaire en pierres de Volvic, une tonnelle et 2 pigeonniers conservant des traces de fresques.
Autour de Champeix, toutes les pentes ont été aménagées en terrasses, ici dénommées pailhats. Remodeler la pente en un étagement de surfaces planes cultivables nécessitait un savoir-faire méthodique progressivement expérimenté au fil des siècles. A l’entrée de Champeix, les terrasses du Baugeix et de la Combette présentent des murets de pierre volcanique remarquablement appareillés, avec de beaux chaînages d’angle et des escaliers pris dans le muret. Les petites cabanes de vignes se disséminent ici et là ou s’insèrent dans les murets de soutènement. Si la plupart de ces terrasses étaient avant tout destinées à porter les ceps de vignes, beaucoup d’entre elles étaient ingénieusement complantées, afin d’augmenter les rendements. Les pailhats de vigne étaient ainsi arborés de fruitiers (pêchers, amandiers, pruniers) et parfois jardinés (fraises, asperges…). En bordure de parcelle, iris à fort pouvoir drainant et rosiers « à pucerons » complétaient cette minutieuse organisation.
Aujourd’hui, Champeix (63320) est une commune d’environ 12km², comptant environ 1130 habitants.L’altitude du bourg est de 470m (devant la mairie, à proximité de la Couze), l’altitude moyenne de la commune est elle de 594m.
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